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Sep 25, 2014

Qui fabrique nos centres d’intérêts et nos préoccupations ?

écrit par AgenceNest
dans la catégorie Com

Qui fabrique nos centres d’intérêts et nos préoccupations ?

 
Vous êtes vous déjà demandé pourquoi, aujourd’hui, tout le monde autour de vous ne parle que de l’arrestation ratée des trois djihadistes présumés et débat sur le bouquin de Valérie Trierweiler… alors qu’en même temps l’épidémie Ebola a déjà tué plus de 2800 personnes rentrant dans une phase de croissance explosive et que chaque jour 300m3 d’eau radioactive se déversent dans l’océan pacifique.

Ces dernières informations ne sont pas moins importantes mais ne font pas parties de nos préoccupations. Pourquoi ? Sûrement parce nous n’en entendons pas parler… Et qui écoutons-nous pour connaître les informations importantes qui se passent dans le monde ? Les médias.

Une étude empirique de Maxwell McCombs et Donald Shaw de 1972 s’est attaquée à la relation entre les médias et leur influence sur les préoccupations de l’opinion publique. Pour cela, ils ont étudié la couverture de l’élection présidentielle américaine de 1968 et sont partis de deux constations contradictoires :

  • Il est faux de dire que les médias influencent directement leur public
  • Il est faux de dire qu’ils ne l’influencent pas
  • L’étude menée sur les électeurs amène à la conclusion suivante : la focalisation de la presse sur certains thèmes pousse le public à les considérer comme plus importants.

    A partir de cette étude, la théorie psychosociologique de « l’agenda setting » émet l’Idée que les médias mettent un nombre d’informations à l’ordre du jour, « à l’agenda » et nous disent ce à quoi il faut penser. Même s’ils ne nous influencent pas directement sur qu’est-ce qu’il faut en penser. En fait, les médias ont un effet sur l’opinion publique puisqu’ils pointent du doigt, attirent l’attention sur certains événements en en négligeant carrément d’autres. En d’autres termes, en mettant à l’ordre du jour les informations et en les hiérarchisant, ils créent des notes dans leur agenda, qui se retranscrivent dans le notre. De plus, ces informations, par leurs commentaires, leurs images, leurs effets sonores ont une influence sur notre perception de l’information. Ainsi, nous sommes soumis à une double influence des médias : celle du choix du sujet et celle de son traitement.

    Si les médias ne nous disent pas ce qu’il faut penser, ils nous disent sur quoi il faut porter une attention particulière aujourd’hui.Trois facteurs entrent en jeu :

  • Le choix des thèmes traités (environ 5 informations nous sont données au JT alors qu’il existe plus de 500 nouvelles informations par jour)
  • L’ordre des thèmes qui définit l’ordre d’importance des informations
  • La façon dont est traité le sujet et le jugement qu’il y est porté
  • Et si vous remarquez bien, il semblerait qu’une règle non écrite indique les médias doivent couvrir deux conflits à la fois, pas plus, sinon l’attention des lecteurs, des auditeurs et des téléspectateurs diminuent. Les médias vont couvrir les événements durant quelques semaines, et pour éviter la lassitude, passeront à autre chose.

    Il est intéressant que chacun réfléchisse alors au lien qu’il existe entre la priorité des événements sélectionnés et diffusés et nos comportements, nos centres d’intérêts. Nos choix reposent souvent sur les informations présélectionnées par les médias, notamment lors de votes politiques. Si on ne peut pas dire que les médias sont le miroir de la société, nous pouvons les voir comme des projecteurs. Une direction est donnée par les médias par leur choix de mettre en avant certaines informations en laissant dans l’ombre d’autres. Et en même temps, si les médias ne décidaient pas de parler d’un sujet précis, personne, à part les spécialistes ne s’en préoccuperait. Fatalement, en mettant en relief certaines informations et événements plutôt que d’autres, ils exercent une influence sur la sphère sociale.

    Toutefois, si les médias orientent nos pensées, il ne faut pas oublier que les intérêts de la société orientent eux aussi les contenus médiatiques. La théorie de « Use and gratifications » de Wayne Wanta (1997) vient nuancer la théorie de l’agenda setting qui dit que les gens recherchent activement et de manière intéressée à répondre à un besoin par la sélection et l’utilisation des médias. Le meilleur moyen de savoir ce qui se passe autour de nous est sûrement d’aller soi-même à la pêche aux informations, autrement qu’en regardant le JT de 20h. Avoir accès à toutes les informations est certainement notre plus grande chance, le tout est de ne pas rester coincé dans le rôle de Madame Michu.

    Site de L’Agence France-Presse (AFP) qui fournit une information rapide, vérifiée et complète.